"Espèce de nostalgie violente. Que je me prend en plein dans la tronche ou le coeur, ou les tripes. Ou tout à la fois peu importe. Lancinante. Mélodie ivre et tenace des souvenirs. Ça y est, j'ai mal. Milieu de la nuit. Mal ô combien insignifiant et infiniment moins important que les maux du monde. Mal très égoïste, mal presque physique. Peut-être qu'on pourrait enlever le presque d'ailleurs. Non, je n'ai pas le mal du pays, j'ai le mal du voyage. Qui s'insinue soudainement en toi, le perfide. Qui te prend et ne compte pas te lâcher dans la proximité proche d'un futur plus ou moins lointain. Ce mal qui amène amèrement quelques larmes au bord de tes yeux. Ce mal qui t'oblige à réfléchir, à te souvenir, à penser au passé, au présent et invariablement à l'Avenir. Mal qui t'empêche de dormir pendant de longues heures. Le reste de ta nuit sera blanche...et le matin tes yeux seront sûrement cernés de la couleur de l'oosum. [...] Pourquoi ai-je voulu m'endormir avec de la musique. "Ma" musique. Et ce soir elle me touche en plein coeur et fait résonner (ou raisonner déraisonnablement) en moi un tourbillon de nostalgie. Et surtout de je ne sais quoi. Tout et rien d'un coup. Secouage comme un prunier. Que fais-je ici, dans le trou du *** du monde, ou plutôt dans la Haute-Garonne, pardon. Je crois qu'on est quatre ou cinq jours après mon retour, et là je commence à réaliser. Et me prend ce coup. Inévitable. Je ne sais même pas bien ce que j'éprouve. Trop confus. Trop de pensées, de souvenirs, de flashs-back qui m'étreignent en même temps. Trop dingue tout simplment. Pff c'est n'est même pas simple. Quelque chose de la vraie vie l'est-il vraiment. Salmigondis (d'exaltation et d'oppression). Une envie démesurée, décuplée de courir le monde. De vivre une vie plus ou moins bohème, sans attaches... Bohémienne rêveuse que je suis. Ou étais. Ou serai. Qui sais? Personne ne peut, pas même moi. Une envie de trouver véritablement sa voie, de savoir de quoi sera fait l'Avenir! J'avoue, je pense au voyage, à l'utilité des "faires des études" dans un amphi, à l'idée de se caser dans un petit moule, de faire le mouton bien sage. P'tain. Cris. J'veux pas finir comme ça, j'veux pas l'écouter, j'veux pas penser à toi. Je pense au Voyage, au monde qui m'appelle. Appel irrésistible? [...] En moi toutes les rencontres marquantes faites durant mon voyage émergent. Ou me submergent. C'est à la fois exaltant et déroutant. Quelle est la route? Et suis-je la seule à penser de façon parfois si nostalgique au passé, à l'enfance; et en même temps à essayer de vivre avec intensité le moment présent -pas facile-; et d'autre part à m'interroger si souvent sur l'Avenir. Impression de vivre entre trois dimensions, un équilibre à trouver, en trois dimensions s'il vous plait. La vie est belle en relief. Mais le relief de la vie peut- aussi se révéler d'une laideur particulière. Composer entre ce qui nous a construit, ce qui a fait sûrement que nous sommes qui nous sommes ou qui nous ne sommes pas, ce que nous vivons et choisissons dans le présent, et ce que nous rêvons pour le futur. Deviens qui tu es. Tout un beau programme mon petit Nietzsche! C'est dur. En fait. Développer une certaine singularité. Un être en puissance. Lequel. Tais-toi, toi, et pourquoi pas après tout? Marre de ces discours, tu peux pas comprendre. Mais peux-tu en revanche (qui se mange froide) comprendre que tu ne peux pas comprendre. Même pas mal. Il faut oser. C'est la clef. Big hard sun. Can you do the impossible? Say Yes, I will. Fascination par l'ordinaire qui peut devenir, selon tes yeux (va t'en racheter, des bleus, comme les coupoles, comme l'océan... On pourra se perdre dedans. Ce sera bien.), l'extraordinaire. Quelque chose de magique inside. C'est si simple et si fou à la fois. Noir et blanc, noir, blanc, noir ou blanc. Fragilité qui peut devenir force. L'échec n'est pas un échec. Et j'emmerde les râleurs. C'est la société qui n'accepte pas, c'est ridicule, mais ça lui ressemble tellement. L'échec construit parfois bien plus que la réussite. Question d'éclairage ça. Aller Mars , prend tes amulettes, on s'casse en vadrouille. Epic how? Va-donc manger du raisin, c'est la seule chose censée que je te conseille."
"Je n'suis pas folle vous savez... Bonsoir!"
;)
Ax.
Les guillemets de ce paragraphe soulignent que c'est un extrait tel quel de mon carnet de voyage, écrit quelques jours après mon retour, au milieu de la nuit, tel le zombie halluciné n'ayant qu'à moitié émergé! So, you know... ;)
mardi 8 septembre 2009
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Oh Ax! Ca fait du bien de te lire! De voir que je ne suis pas la seule folle!
RépondreSupprimerTellement heureuse pour toi que tu es vécu une aventure génialissime de taré!! C'était pareil pour moi...
Jamais je n'aurais imaginer que le plus dur dans tout ça soit le retour, jamais je n'aurais imaginer que les personnes rencontrées me manquent à ce point! Il me manque une partie de moi depuis que j'ai quitter le monastère, mais je sais désormais que c'est ma vie, mon essence cette existence de bohème.
Merci de nous faire partager tes écrits si farfellus!!!
Zellidjaaa!! ;D
Zellidjaaaa !!
RépondreSupprimerBonsoir !
Oh c'est dur, tellement dur de revenir à la réalité, dites moi que vous aussi, Rebecca et Axance vous auriez voulu continuer jusqu'à plus soif... Continuer notre chemin, jusqu'à faire douze fois le tour de la Terre, traverser les océans, croiser le chemin des autres humains qui pullulent joyeusement sur notre belle planète... Ah, après des années d'aventures, le retour aurait été tellement plus savoureux !
Merci pour tes images et ton discours qui coule comme l'eau d'un lac norvégien quand tu te baignes dedans
"[...]qui coule comme l'eau d'un lac norvégien quand tu te baignes dedans"
RépondreSupprimer>>>Hahaha!!! ;-)
Merci les filles!
Rhaaaaaaaa, mais oui... si vous saviez!
Bon, aller, on s'casse ?! On the road again?! :P